Sissi, Impératrice d'Autriche

L'Impératrice errante

 

 

A Vienne...

Presque au lendemain de son mariage, Sissi se rendit compte que les obligations de la vie à la Cour lui étaient insupportables. Elle avait perdu cette liberté si chérie dans laquelle elle avait été élevée. En fait, rien dans son éducation ne l'avait préparée à être impératrice! et son fort caractère, contrairement à celui si doux d'Hélène, se pliait fort mal aux contraintes.

A Vienne, Sissi devait obéir aux ordres de sa belle-mère l'archiduchesse Sophie qui ne cessait de lui faire des reproches et de lui dicter ce qu'il fallait faire ou ne pas faire, dire ou ne pas dire... Elle était entourée de dames de compagnies ternes et ennuyeuses qui avaient été choisies par Sophie et qui lui rapportaient tous ses faits et gestes. Sissi était traitée par tous comme un enfant irresponsable et capricieuse. Son mari, bien que l'adorant, lui conseillait de se plier à son nouveau rôle et prenait souvent la défense de sa mère. Pauvre Sissi ! elle se sentait très seule.

Les journées s'écoulaient doucement apportant chacune leur lot de brimades et de tristesses... Mais un beau jour Sissi eut une joie immense! elle attendait un enfant! quel bonheur! elle donna bientôt naissance à une petite fille. Sa belle-mère s'empara immédiatement du nouveau né et le prénomma Sophie - comme elle, sans demander son avis à la mère de l'enfant! Puis, elle installa le bébé dans ses propres appartements, et lui choisit ses gouvernantes et ses nourrices. Sissi, n'avait rien à dire. Elle pleura beaucoup dans les bras de Franz mais celui-ci la persuada que la petite Sophie serait bien mieux chez sa grand-mère au calme que dans les tourbillons de la vie de la Cour.

Privée de son enfant, Sissi ravala son chagrin et se consola au milieu de ses chevaux et de ses chiens. On la voyait souvent lancée dans de furieux galops dans le parc de Schönbrunn ou occupée à faire sa gymnastique sur les barres et les anneaux que Franz avait fait installer dans sa chambre. Sa belle-mère était scandalisée par ce comportement qu'elle trouvait indigne d'une impératrice.

Contrairement à ce qu'elle avait espéré, les choses ne s'arrangèrent pas à la naissance de sa seconde fille Gisèle. Sophie s'empara à nouveau du bébé et l'installa aussi dans ses appartements au prétexte qu'il ne fallait pas séparer les deux sœurs. Sissi était désespérée mais cette fois-ci, elle décida de se battre pour qu'on lui rende ses filles. La petite Sophie avait presque 2 ans et Sissi la connaissait à peine... Elle supplia l'empereur pour qu'il la soutienne.

François-Joseph demanda alors à sa mère de laisser les enfants accompagner le couple lors de leur prochain voyage à travers l'Empire. L'archiduchesse capitula, mais à moitié seulement, car elle exigea que la petite Gisèle, reste à Vienne. Heureuse, Sissi avait l'impression d'avoir remporté une grande victoire : même si elle laissait tristement Gisèle, elle avait la consolation merveilleuse d'avoir enfin sa petite Sophie pour elle seule. Hélas, en cours du voyage, l'inimaginable se produisit : la fillette tomba très malade et mourut brusquement dans les bras de sa maman - "Notre petite est un ange au ciel, écrivit l'empereur à sa mère "nous sommes anéantis". Sissi ne se remit jamais de la mort de sa fille. Elle se renferma sur elle-même, heureuse uniquement en compagnie de ses chiens préférés. Sa belle-mère perfide ne se priva pas pour lui dire que si Sophie était restée à Vienne, elle serait peut être encore en vie.

En 1889, la naissance tant attendue de son petit garçon Rodolphe parvint à lui rendre un peu de joie de vivre. Comme le voulut la tradition, 101 coups de canons annoncèrent à la population en liesse la naissance tant espérée de l'hériter au trône; Mais la joie de Sissi ne dura pas car le petit Rodolphe lui fut enlevé comme ses sœurs par l'archiduchesse. A Sissi qui criait sa révolte, Sophie lui répondit d'un ton cinglant qu'elle était la mieux placée pour élever un futur empereur puisqu'elle l'avait déjà fait... Infortunée Sissi! malgré sa grande force de caractère, elle n'avait plus la force de lutter contre tant d'injustices et d'humiliations.

Elle avait désormais épuisé toute son énergie, et ne supportait plus la vie à la Cour. Sans cesse privée de Franz et de ses enfants, elle se sentait isolée dans sa propre famille.

 

Loin de Vienne...

N'ayant plus sa place à Vienne, Sissi décida de partir en voyage pour visiter les pays de la Méditerranée. Et un matin, elle quitta Schönbrunn pour un voyage qui allait durer 2 ans... Deux ans loin de Vienne et de sa belle-mère mais aussi 2 ans loin de ses enfants et de Franzi qu'elle aimait profondément. S'entourant de quelques dames de compagnie, elle s'en fut d'abord à Possenhofen avant de s'embarquer pour Madère. Là-bas, au soleil, elle retrouva un peu de sa sérénité et de sa joie de vivre.

Rentrant enfin à Vienne, Sissi se passionna pour le sort des Hongrois qui désiraient prendre leur indépendance vis à vis de l'Empire sans se priver toutefois de la souveraineté de François-Joseph. Elle passa de longs mois à visiter la Hongrie, à apprendre son histoire et sa langue. Sissi devint d'ailleurs son meilleur défenseur auprès de son mari qui finit par céder à l'aspiration des Hongrois. En 1867, l'empire d'Autriche fut scindé en deux avec la Hongrie; François-Joseph et Sissi furent couronnés à Budapest. Cette période fut merveilleuse pour Sissi. Elle donna bientôt naissance à sa dernière fille Marie Valérie. Mais cette fois-ci, Sissi la garda auprès d'elle et l'éleva seule. La présence de sa fille ne l'empêcha pourtant pas de repartir et de reprendre sa vie errante à travers l'Europe car elle ne pouvait rester longtemps à Vienne.

Quelques années plus tard, Sissi maria son fils Rodolphe à la princesse Stéphanie la fille du roi de Belgique. Ils eurent une petite fille qu'ils prénommèrent Élisabeth mais cela ne suffit pas à rendre leur mariage heureux. Il se termina de façon dramatique le 30 janvier 1889 lorsque Rodolphe mit fin à ses jours dans son pavillon de chasse de Mayerling non loin de Vienne...

Après avoir perdu sa petite Sophie, Sissi perdait son fils adoré. La présence affectueuse de Marie Valérie, de Stéphanie et de la petite Élisabeth ne parvint pas à la consoler. Détestant Vienne où tout lui rappelait d'horribles souvenirs, elle reprit ses voyages incessants, passant de courts moments en Grèce, en l'Italie, au Proche Orient, en Espagne, en France et en Suisse. Rien ne semblait pourvoir jamais la retenir; à peine était-elle arrivée quelque part qu'elle ressentait le besoin irrépressible de repartir ailleurs.

Jusqu'au jour funeste du 10 septembre 1898, où elle se trouvait à Genève en Suisse. Alors qu'elle s'avançait pour prendre le bateau qui devait la ramener à Vienne où son mari l'attendait avec impatience, un homme se jeta brusquement sur elle et lui asséna un coup violent sur la poitrine avant de prendre la fuite. Sissi, surprise par le geste et un peu choquée, ne s'arrêta pas de marcher. Personne ne vit qu'elle était blessée. Mais alors qu'elle montait sur le bateau, elle s'effondra brusquement dans les bras de sa dame de compagnie : sa poitrine était en sang, . L'homme qui s'était jetée sur elle venait de la poignarder.

Sissi était morte tuée par un anarchiste italien qui avait prévu d'assassiner le roi d'Italie. Mais comme il ne l'avait pas trouvé, il avait décidé d'abattre l'Impératrice d'Autriche

En apprenant cette terrible nouvelle, François-Joseph s'écria "Vous ne savez pas combien j'ai aimé cette femme."

 

Home / Contact / Qui Sommes-Nous ? / Sélection de livres / Références / Liens / Formulaire d’abonnement