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La dernière Croisade
Louis avait plus de 50 ans et ses pensées ne quittaient pas l'Orient d'où lui venaient des nouvelles atroces. Dans la seule ville d'Antioche en Syrie, les Musulmans avaient égorgé 17 000 hommes et 100 000 autres étaient réduits à l'esclavage ! Saint Louis était partagé entre son devoir de roi de France qui lui commandait de rester en France pour gouverner avec sagesse, et son devoir de Chrétien qui lui commandait de secourir les chrétiens d'occident et de libérer la Terre Sainte. La septième croisade s'était terminée par un échec retentissant et Louis avait le sentiment de ne pas avoir terminé son travail. Malgré l'avis de tous ses conseillers, il écrivit au Pape pour lui faire part de sa volonté de reprendre la Croix. Mais le goût pour les croisades avaient bien évolué. L'échec de la dernière croisade, les terribles maladies ramenées d'Orient et la chaleur suffocante de ces pays que les premiers croisés croyaient être le Royaume des Mille et une Nuits firent que malgré la grande peine des massacres d'Antioche personne ne se décida à partir. Le coeur n'y était plus. Le
Pape en recevant la lettre du roi de France essaya même de le dissuader
d'entreprendre à nouveau une aventure aussi périlleuse.
Le vieux roi était devenu très faible et avait beaucoup
de mal à tenir de longues heures à cheval. C'était
de l'avis de tous une pure folie de vouloir repartir! Mais Louis ne voulut
rien entendre. Finalement
Louis parvint à persuader ses meilleurs barons de l'accompagner.
Eux mêmes firent appel à leurs vassaux et bientôt la
grande armée se mit en marche. Comme par le passé, elle
parvint à Aigues Mortes et s'embarqua pour la terre Sainte. Il
y eut tout de suite de grands malades sur les bateaux et il fut décidé
de faire escale pour les laisser se reposer avant de reprendre la mer.
Mais où s'arrêter? Chypre était très loin et
la Sardaigne était une terre ennemie. Louis décida alors
de s'arrêter chez son frère Charles d'Anjou qui était
devenu roi de Sicile. Charles se croisa à nouveau pour accompagner
son frère et voulut profiter de la croisade pour combattre les
pirates musulmans qui faisaient souvent des razzias sur ses côtes
apportant avec eux ruine et désolation. Ces pirates étaient
un véritable fléau pour le petit royaume sicilien; sitôt
leur méfaits commis ils partaient se réfugier sur la cote
découpée de la Tunisie. Pour faire plaisir à son
frère, Louis accepta de se rendre d'abord en Tunisie combattre
les pirates. L'armée de Saint Louis parvint à débarquer non loin de Tunis et s'empara du château de Carthage où elle s'installa. Il faisait une chaleur étouffante en ce mois de juillet là. L'endroit était austère, sans un arbre ni un coin d'ombre, les citernes d'eau presque à sec grouillaient d'insectes rebutants et les alentours étaient marécageux et malsains. L'armée anéantie de chaleur ne trouvait du repos qu'entre les épais murs du château fort. Elle était incapable de sortir sous le soleil brûlant. Pensez donc, toutes ces armures, ces heaumes et ces cotes de maille en métal... En
moins d'une semaine la peste se déclara dans le château.
En quelques jours elle emporta dans la tombe le légat du Pape et
un des frères de Saint Louis. Les soldats étaient en si
piteux état qu'il leur était impossible de sortir enterrer
leurs morts. Bientôt le jeune Jean Tristan, le fils de Saint Louis
né en Terre Sainte, fut à son tour emporté par la
terrible maladie. Puis,
comme il sentait que ses forces allaient disparaître, le vieux roi
commanda qu'on lui apporte une chemise de lin grossier et ainsi vêtu
de la chemise des pénitents il demanda à être couché
sur le sol sur un lit de cendres - c'était ainsi que de nombreux
rois catholiques faisaient en ce temps là car c'était une
façon de se rappeler qu'ils étaient appelés à
disparaître comme de la cendre. Puis ainsi installé, le roi
tendit ses bras en croix et la tête dirigée vers Jérusalem,
cette ville qu'il n'avait pas su reprendre aux Musulmans il expira. Ainsi se termina la huitième et dernière Croisade de l'Histoire. Les restes du grand roi furent transportés en Sicile puis à l'abbaye de Saint Denis où il rejoignit la nécropole de ses ancêtres.
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