Philippe le Bel

Le trésor des Templiers.

 

1214

Le 22 mars 1214 Paris était en effervescence ! 
On allait bientôt assister à l'exécution du grand maître de l'ordre des Templiers. 
Cet ordre avait été crée en 1128 au moment des Croisades pour défendre le Royaume de Jérusalem et protéger les pèlerins qui se rendaient au tombeau du Christ. Les fondateurs de l'ordre s'installèrent dans les ruines du Temple de Salomon à Jérusalem et on leur donna le nom de "gardiens du Temple" ou Templiers.  Ces moines-soldats étaient soumis à une règle très sévère conçue par Saint Bernard et ils n'obéissaient qu'au Pape. Ils combattaient vaillamment pour la sauvegarde du royaume et, étant de très bon administrateurs, on leur confia bientôt d'immenses richesses. Ils étaient très puissants, ne payaient aucun impôt ni aucun péage. Après la chute du Royaume de Jérusalem, les Templiers furent contraints de rentrer en France. Ils ramenèrent avec eux un trésor inestimable amassé depuis près d'un siècle.

Le roi de France Philippe le Bel avait besoin de beaucoup d'argent pour financer la guerre. Il s'intéressa alors à l'immense fortune des Templiers et résolut de se l'approprier. 
Il chargea son ministre Guillaume de Nogaret de faire disparaître l'ordre, et de mener une fausse enquête sur ses activités. Les Templiers furent accusés de crimes épouvantables et tous furent arrêtés le même jour. Les moines-soldats choqués par l'injustice flagrante du roi firent appel au Pape Clément V, espérant qu'il les protègerait. Mais le Pape, tout juste installé à Avignon ne voulait pas se disputer avec Philippe le Bel. Pour contenter le roi, il fit dissoudre l'ordre. Les Le supplice des TempliersTempliers étaient abandonnés de tous. Après de faux aveux extorqués sous la torture, le Grand Maître Jacques de Molay et quelques uns de ses compagnons furent condamnés à être brûlés vifs. Le bûcher fut installé au bout de l'actuelle Ile de la Cité à Paris.
Philippe le Bel avait tenu à être présent pour assister au supplice. Tout à coup, alors que les flammes crépitantes s'élevaient de plus en plus vers le ciel, la voix de Jacques de Molay se fit entendre à travers l'épaisse fumée : 
- " Pape Clément... Guillaume de Nogaret... roi Philippe... avant un an je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! maudits vous êtes tout maudits"... 

Un immense effroi saisit tous les témoins devenus soudain silencieux.
La prophétie de Jacques de Molay se réaliserait-elle? de fait, dans cette même année 1314, Guillaume de Nogaret, le pape Clément V et enfin Philippe le Bel moururent.

 

Le Trésor

Quant au fameux trésor tant convoité par le roi, nul ne le trouva jamais. 
Dans la fameuse nuit du 22 mars, alors que les Parisiens étaient accourus pour assister à l'exécution, de nombreuses charrettes recouvertes d'une toile épaisse parvinrent à quitter discrètement la capitale. Elles étaient conduites par quelques moines-soldats qui avaient réussi à échapper aux arrestations. Ils prirent rapidement la direction de la mer, certainement pour embarquer vers l'Angleterre où les Templiers comptaient encore de nombreux amis. En chemin, ils firent escale dans Chateau de Gisorsla forteresse de la petite ville de Gisors qui appartenait à l'ordre. Personne ne les vit jamais ressortir de la ville et personne en Angleterre n'entendit jamais parler de l'arrivée de ces charrettes mystérieuses. Où avaient-elles disparues? 
Le lendemain de l'exécution du Grand maître, les soldats de Philippe le Bel se précipitèrent dans la forteresse du Temple à Paris pour se saisir des fabuleuses richesses. Le Temple était vide. Il ne restait plus rien. Ni meubles, ni tapisseries, ni coffres remplis d'or, ni papiers d'archives... rien. Dépité et furieux Philippe le Bel ordonna qu'on retrouve le trésor mais celui-ci resta bel et bien introuvable. 
Les années et les siècles se succédèrent sans que jamais personne ne parvienne à résoudre cette énigme...

 

1943

... Jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale. 
Le château de Gisors désormais en ruine était alors gardé par un vieux gardien Roger Lhomoy. La France était, vous le savez, occupée par les Allemands.
Le vieux gardien était passionné par l'histoire de la forteresse et passait ses nuits entières à tenter de déchiffrer d'étranges vieux parchemins qu'il avait trouvé par hasard. Il travaillait à la lueur d'une bougie après avoir pris soin de bien fermer son volet afin de ne pas attirer la curiosité des soldats ennemis. 
Le vieux gardien avait la conviction que le trésor des Templiers, arrivé par une froide de nuit du mois de mars 1214, n'avait jamais quitté la forteresse... et qu'il s'y trouvait encore.
Par une sombre nuit sans lune il voulut vérifier son hypothèse. Se munissant d'une petite lanterne, Roger se dirigea vers le pied du donjon de la forteresse, et là, tapit derrière un épais fourré, il commença à creuser. Il creusa pendant des nuits et des nuits, s'interrompant pendant le jour pour ne pas éveiller les soupçons des Allemands. Il raconta qu'une nuit, enfin, ses efforts furent récompensés; rampant dans l'étroit et long boyau excavé, il déboucha soudain dans une immense pièce voûtée dans laquelle se tassaient contre les murs d'innombrables coffres en or de toutes les tailles. Emu et tremblant de joie, il s'approcha d'un coffre et l'ouvrant avec précaution, il aperçut à la lueur de sa lanterne, luire le reflet des pièces d'or... Jetant un coup d'oeil à sa montre, il se rendit compte avec effroi que l'aube approchait. Il devait rapidement rejoindre son logis s'il ne voulait pas se faire arrêter. Affolé, le vieil homme ne prit pas le temps de prendre une pièce du trésor, certain qu'il pourrait revenir les jours suivants. 
Or le lendemain, il lui fut impossible de rejoindre sa cachette. Les jours suivants non plus. Car la fin de la guerre approchait et les Allemands, de plus en plus nerveux, avaient accru leur surveillance. Enfin, en juin 1944 eut lieu le débarquement des Alliés qui libérèrent la France. L'armistice fut signé quelques mois plus tard. 
Le vieux gardien se décida alors à révéler son secret. Il prévint le maire de Gisors qui, dubitatif, lui demanda de fournir des preuves. Roger n'en avait aucune! il se sentait désormais trop vieux pour redescendre dans son trou et demanda au maire d'envoyer quelqu'un de plus jeune. Le maire se rendit à la forteresse accompagné par un pompier de la ville à qui le gardien montra la petite cavité sous le buisson. Le pompier accepta de se glisser dans l'étroit tunnel non sans maugréer.
- "C'est de la folie! je risque de rester coincé et de mourir suffoqué ! êtes-vous sûr de ce que vous affirmez?" 
Le tunnel qu'avait creusé le vieux gardien était en effet très long et effroyablement étroit. Il fallait être très souple pour pouvoir s'y faufiler et très courageux pour aller jusqu'au bout. On attendit longtemps avant de voir enfin le pompier ressortir mais quelle ne fut la stupéfaction et le Roger Lhomoy à l'entrée du tunneldésespoir du gardien de l'entendre s'écrier:
-" Je l'avais bien dit ! Ce chemin est impraticable, ce n'est qu'un long boyau qui ne mène nulle part!"
Une partie du tunnel s'était-elle effondrée? le pompier avait-il reculé n'osant pas s'aventurer plus loin? Toujours est-il que le maire éclata de rire et après avoir tapé sur l'épaule du vieux gardien il s'en fut en disant:
- "Tu nous as toujours bien fait rigoler! quelle belle blague, j'y avais presque cru ! allez ! sans rancune!"
Pauvre Roger ! il eut beau jurer que le trésor était bien là, rien n'y fit ! Personne ne le crut et le trou fut rebouché. Sur ces entrefaites Roger mourut.

 

 1960

Notre histoire ne s'arrête pas encore là. 
Car quelques années plus tard, dans les années 1960, cet incroyable récit parvint aux oreilles du nouveau ministre de la culture monsieur André Malraux. Celui-ci intrigué, ordonna que l'on démarre de nouvelles fouilles là où, naguère, le gardien avait fait les siennes. Les ouvriers commencèrent les travaux avec de gros bulldozers mais à la première pelletée, le donjon se fissura, menaçant de s'écrouler. Malraux ordonna aussitôt de suspendre les recherches.
Les fouilles brutalement interrompues il y a près de 40 ans, n'ont jamais été poursuivies et aujourd'hui encore l'épais mystère demeure...

Le trésor des Templiers est-il à Gisors?

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