Philippe Auguste, roi de France

La bataille de Bouvines


Après la mort de Richard Cœur de Lion, son frère Jean sans Terre remonte sur le trône d’Angleterre.
Il ne faut pas oublier qu’il y était déjà monté pendant la captivité de son frère.
Jean sans Terre, vassal de Philippe Auguste qui, par les lois féodales de l’époque doit rendre hommage à son suzerain, refuse de se soumettre. Philippe en profite pour lui confisquer toutes ses terres de France. La Normandie, l’Anjou, le Maine, la Touraine et le Poitou sont occupés par l’armée du roi de France. Philippe a même le projet de débarquer en Angleterre…Furieux, Jean sans Terre s’allie avec le nouvel empereur d’Allemagne Otton.

En 1214, Jean sans Terre et Otton décident d’attaquer ensemble Philippe. Il est entendu qu’Otton attaquera par le nord dans les Flandres pendant que Jean attaquera par le sud en débarquant à la Rochelle. Philippe, sans perdre un instant, envoie contre Jean son fils Louis (le futur Louis VIII). Celui-ci met Jean facilement en déroute…Pendant ce temps là, Philippe se rend dans les Flandres à la tête d’une forte armée. A la tête de celle-ci flotte le fameux oriflamme de Saint Denis qui avait déjà mené à la victoire cent ans plus tôt le roi Louis VI contre l’empereur d’Allemagne de l’époque. Comme cent ans auparavant les soldats de Philippe Auguste se rallient à cet oriflamme aux cris de guerre " Montjoie ! Saint Denis !"
La rencontre entre les deux armées eut lieu à coté du village de Bouvines. 

Il était de tradition à l’époque que la guerre n’ait pas lieu le dimanche, jour du Seigneur Jésus-Christ. Ce jour là pourtant, dimanche 27 juillet 1214, Otton attaqua l’armée française au repos. Philippe était si scandalisé qu’il fut certain que Dieu lui donnerait la victoire ; de plus Othon était excommunié par le Pape ce qui faisait de lui l’ennemi des chrétiens... Avant la bataille Philippe prononça un discours resté célèbre " Notre confiance et notre espérance sont toutes mises en Dieu. Otton et tous les siens sont excommuniés par notre père le pape parce qu’ils sont ennemis et destructeurs des choses de la sainte église. Leur or et leur argent sont acquis des larmes des pauvres et des rapines faites aux clercs et aux églises. Mais nous sommes chrétiens et suivant la coutume de la Sainte Eglise et bien que nous soyons pêcheurs comme les autres hommes, nous nous soumettons à Dieu et à la Sainte Eglise. Nous la gardons et la défendons selon notre pouvoir. C’est pourquoi nous nous fions hardiment à la miséricorde de notre seigneur qui nous donnera de surmonter nos ennemis qui sont les siens et de vaincre… "
La bataille s’engagea ensuite pendant que deux moines entonnèrent des chants et des psaumes ; ils chantèrent sans s’arrêter jusqu’à la fin des combats. Après avoir béni son armée et l'avoir exhorté à le suivre parce qu'il était le roi "je ne suis qu'un homme mais roi de France est cet homme...",

Philippe à la tête de ses hommes chargea. La lourde cavalerie toute caparaçonnée le suivit. Malgré des heaumes et les armures, les chevaliers étaient facilement reconnaissables à leurs bannières et à leurs couleurs. C’est ainsi que le roi de France fut rapidement repéré. Otton avait décidé de le tuer dès le début de la bataille afin que sa capture - ou sa mort – décourage ses hommes.  Philippe bientôt se retrouva entouré par les Allemands. Ceux-ci déployèrent toute leur ruse pour le faire tomber de cheval mais Philippe se battait comme un lion faisant tournoyer son épée autour de lui et fauchant les bras et les têtes de ses ennemis. Mais les Allemands, plus nombreux, finirent par avoir le dessus ; ils le harponnèrent avec leurs crochets et le tirèrent à terre. Aussitôt tous se jetèrent sur lui et de la pointe de leur épée cherchèrent la maille faible de son haubert afin de le tuer. Aucun Français ne s’aperçu que le roi était tombé ; seul son porte-oriflamme le vit. Comme convenu, pour signaler que le roi était en danger, il agita son drapeau au dessus de sa tête pour prévenir les chevaliers. Hélas ! la bataille était si violente qu’il fallut un moment avant que ses hommes comprennent la situation. Heureusement la cote de maille du roi était de bonne qualité et résista le temps que ses chevaliers accourent. N’écoutant que leur courage ils se ruèrent dans la bagarre, empoignant leurs ennemis à bras le corps, les poussant et les tuant, jusqu’à ce qu’ils parvinrent enfin au roi. Celui-ci était mal en point mais vivant ; voyant ses hommes s’approcher il parvint à se relever et se saisissant d’un cheval qu’on lui amenait se jeta en selle et repartit au combat. Galvanisés par le retour du roi, les Français furent bientôt maîtres du combat, ce que voyant l'empereur Otton s’enfuit laissant sur place ses hommes, ses bannières et ses armes.

" Nous ne verrons plus sa figure aujourd’hui " s’écria en riant Philippe lorsqu’il le vit s’enfuir au grand galop.
La joie éclata bientôt dans toute la France...

"Qui pourraient raconter les joyeux applaudissements les hymnes de triomphe les innombrables danses du peuple, le doux chant des clercs et sons harmonieux des cloches dans les églises?" (récit d'un chroniqueur)

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