Napoléon Ier

Le retour de l'Aigle
"La victoire marchera au pas de charge, l'Aigle avec ses trois couleurs, volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre Dame"

Avril 1814, Napoléon vient d'abdiquer en faveur de son fils. Il est debout à la proue du navire qui l'amène dans son nouveau royaume : l'île d'Elbe. Il est silencieux et songeur. A quoi peut il bien penser? à sa femme et à son fils qu'il ne reverra jamais? à Louis XVIII le nouveau maître de la France?
Cette minuscule île au large de l'Italie en mer Méditerranée lui a été concédée par le traité de Fontainebleau par les Alliés enfin vainqueurs. Il y débarque le 4 mai 1814, et aussitôt, incapable de rester sans rien faire, il se met au travail, réorganisant l'administration, reformant les douanes et les hôpitaux, plantant de la vigne, élevant des fortifications, construisant un théâtre...
Sa mère et sa soeur Pauline viennent bientôt lui tenir compagnie. Ce sont les seuls de sa famille qui l'entoureront de leur affection bienveillante pendant ces jours d'infortune.
En France, Louis XVIII mécontente de plus en plus les Français. Nombreux sont ceux qui se mettent à regretter l'empereur déchu.

Or un jour, un fidèle de Napoléon débarque secrètement sur l'île pour le prévenir des sentiments des Français à son égard et lui faire savoir que l'armée est toute prête à se rallier à lui...
Napoléon sait qu'il a là une chance à saisir qui ne se reproduira peut être plus...

Et le 26 février 1815 après 10 mois d'exil, alors que personne ne s'y attend, l'empereur quitte dans la plus grande discrétion l'île d'Elbe avec pour objectif de reprendre le pouvoir en France. Il s'embarque sur l'Inconstant avec 700 hommes prêts à donner leur vie pour qu'il reconquière son empire.
Le 1er mars il débarque à Golfe Juan; il sera 20 jours plus tard à Paris sous les acclamations de la population déchaînée et remontera sur son trône sans avoir eu à tirer un seul coup de feu.
Le succès stupéfiant de cette entreprise est due à la rapidité fulgurante du retour de l'Empereur.
A peine arrivé en France, il se précipite vers la capitale, préférant à la route facile le long du Rhône, le difficile cheminement dans les Alpes. Son retour fait l'effet d'une bombe qui explose!
Partout des hommes se rallient à lui : à Grenoble, des hommes restés fidèles préparent son arrivée. L'accueil enthousiaste des grenoblois lui réchauffe le coeur: les soldats refusent de tirer sur lui, les habitants défoncent les portes de leur propre ville pour lui livrer passage alors que 2000 paysans accourus crient "Vive l'empereur"!
L'accueil est le même à Lyon. Mais Louis XVIII mis tardivement au courant de l'arrivée en France de Napoléon ordonne à son frère et à ses deux fils à la tête de leur armée, de l'arrêter coûte que coûte. Hélas! l'armée refuse d'obéir et se joint aux hommes de Napoléon. Le frère du roi et ses fils sont obligés de fuir à leur tour devant l'avancée fulgurante de l'Aigle.
Plus rien désormais ne peut ralentir la course effrénée de l'empereur. 
Le 20 mars, le voilà à Paris ! Il ne lui a fallu que 20 jours pour rallier la capitale et reprendre le pouvoir sans tirer un seul coup de feu !

L'empereur fait une entrée fracassante dans le palais de Tuileries que Louis XVIII a précipitamment quitté la veille au soir, fuyant vers la Belgique. 
Les hommes qui hier étaient au service de Louis XVIII s'empressent de se rallier à Napoléon. 
Remonté sur le trône, l'empereur pense que tout rentrera dans l'ordre, il reprend les mêmes ministres et se remet au travail. Hélas, les sentiments des Français ont évolué, ils ne veulent plus d'un despote à la tête de leur pays, et sont fatigués par ces guerres incessantes. Son ministre de la police Fouché remarque "Cet homme (Napoléon) n'est corrigé de rien et revient aussi despote, aussi désireux de conquêtes, aussi fou enfin que jamais... Toute l'Europe va lui tomber sur le corps; il est impossible qu'il résiste et son affaire sera faite avant quatre mois..."
Et en effet, les Alliés ne restent pas inactifs. Sitôt connue la nouvelle du débarquement de Napoléon, ils décident d'en finir définitivement avec lui. La dernière bataille a lieu en Belgique à Waterloo.

Napoléon et son armée sont battus.
Rentré en France le 21 juin, Napoléon se réfugie à l'Élysée sous les acclamations des Parisiens qui lui restent fidèles malgré tout. Les députés eux, sont rassemblés pour voter la déchéance de Napoléon. Un dernier espoir anime les amis de l'empereur: pourquoi ne pas s'appuyer sur les Parisiens pour chasser une fois de plus les députés comme cela avait été fait en 1799 ? Ses amis le poussent dans ce sens; l'empereur n'aurait qu'un geste à faire, et la population prendrait sa défense face aux Alliés massés devant Paris, les députés seraient évincés... Mais non ! ce n'est plus possible ! l'empereur est fatigué du sang versé "je ne suis pas revenu de l'île d'Elbe pour que Paris soit inondé de sang" dit-il. 
Il n'y a maintenant plus d'espoir pour redresser la situation. Obéissant aux vainqueurs auprès de qui s'est rallié son ministre Fouché, l'empereur accepte de signer l'acte d'abdication en faveur de son fils le 22 juin.
Son retour sur le trône de France aura duré 100 jours.

Le 25 juin Napoléon quitte Paris pour se réfugier à la Malmaison, mais Fouché, souhaitant ardemment le retour de Louis XVIII, veut qu'il s'éloigne encore plus de Paris.
Deux mois plus tard, finalement abandonné de tous, après avoir vainement espéré trouver un soutien auprès des Anglais, Napoléon et quelques uns de ses fidèles compagnons s'embarquent sur une frégate Anglaise pour Sainte Hélène.
Le 17 août ils débarquent sur cette île qui deviendra le tombeau de Napoléon. 

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