LOUIS XIV

Le Surintendant et le Mousquetaire

 

Le lendemain de la mort de Mazarin, Louis XIV convoqua ses ministres et leur annonça que désormais il règnerait seul en imposant la Monarchie Absolue. Il avait 23 ans. 
Commençait alors pour la France un siècle prestigieux qui rayonna dans toute l'Europe faisant l'admiration de tous. Dès le début de son règne, Louis XIV sut s'entourer de gens intelligents et sut se défaire des importuns...
Or, Louis XIV avait appelé auprès de lui pour le conseiller Nicolas Fouquet. Cet homme nommé Surintendant des Finances, conseillait le roi sur tout ce qui avait trait à la dépense du royaume.

Fouquet était un homme immensément riche, ami des arts et des lettres, fin et cultivé. Il était entouré de nombreux artistes et écrivains comme Jean de Lafontaine ou Molière à qui il commandait des pièces de théâtre très amusantes. Nicolas était très fier d'avoir été choisi par le roi pour le conseiller et comptait bien se rendre indispensable au royaume. Très sûr de lui, il espérait beaucoup que Louis XIV lui demande de remplacer le cardinal Mazarin dans ses fonctions. Ses contemporains disaient de lui qu'il était : «un personnage plein de charme, fin et distingué, affable et complaisant, à l'intelligence aiguisée et aux multiples talents.» 

Fouquet avait fait construire non loin de Paris à Vaux de Vicomte un château extraordinaire, entouré de jardins magnifiques qui avaient été dessinés par le jardinier Le Nôtre, celui là même qui dessinera plus tard les jardins de Versailles.

Un beau jour, Nicolas Fouquet voulut organiser une fête fastueuse pour éblouir et flatter le roi. 
Rien n'était assez beau pour accueillir Louis XIV. Il fit refaire la décoration de son château et fit dessiner des écureuils sur les murs car il avait choisi ce petit animal comme emblème. Sa devise "jusqu'où grimpera-t-il?" se lisait partout en Vaux le Vicomtelettres d'or. N'oubliant pas que Louis XIV aimait les belle lettres, Nicolas commanda une pièce de théâtre à Molière qui fut jouée pour la première fois ce jour là. Il organisa des promenades dans son magnifique parc et fit préparer un souper enchanteur illuminé par des milliers de bougies et par un feu d'artifice extraordinaire.
Les amis de Nicolas le mirent cependant en garde de ne pas trop éblouir Louis XIV qui pourrait en prendre ombrage. Mais l'orgueilleux Nicolas ne voulut rien entendre, il voulait épater le roi... et mal lui en prit.
Le 17 août, jour de la fête, arriva enfin, et comme prévu, le roi lui fit l'honneur de venir. Louis XIV fut ébloui - et passablement agacé par tant de merveilles. Le roi se montra toutefois très aimable et gracieux taisant son déplaisir.
Toute cette splendeur éveilla les soupçons dans l'esprit du roi : son surintendant n'essayait-il pas de le surpasser? et d'où venait toute cette fortune? ne pouvait-elle pas tout simplement provenir des caisses de l'Etat?
Louis se résolut alors à faire arrêter son intendant par les Mousquetaires, cette compagnie de militaires fidèles qui avait été crée par son père Louis XIII.

 

 

Quelques jours plus tard, alors que le roi et son intendant étaient tous les deux à Nantes, Louis XIV fit venir près de lui son mousquetaire Monsieur d'Artagnan. Il lui remit une lettre de cachet et lui demanda d'arrêter discrètement Fouquet
Ensuite, le roi fit venir Fouquet, et, durant toute la matinée, il travailla avec lui sur les différentes affaires du royaume. Fouquet, qui trouva que le roi était particulièrement aimable avec lui, pensa que sa fête à Vaux le Vicomte lui avait définitivement gagné l'affection et l'admiration du roi. Ne se doutant de rien, il prit congé de son souverain, persuadé que sa fortune était faite. Le roi allait sûrement dans les jours prochains, l'appeler pour remplacer Mazarin et il serait l'homme le plus puissant du royaume!
Il avait été convenu avec le roi que d'Artagnan et ses hommes agiraient avec rapidité et discrétion.
Nicolas monta dans sa chaise à porteur et à peine avait-il fait quelques mètres, que d'Artagnan s'approcha de lui : 
Arrestation - "Monsieur, j'ai à vous parler."
Aimablement, Fouquet fit arrêter la chaise
 - "Oui?"
 - "Monsieur, je vous arrête par ordre du roi ! » 
- "Mais, Monsieur d'Artagnan, est-ce bien moi que vous voulez ?" demanda le surintendant étonné. Le Mousquetaire lui tendit alors la lettre de cachet. Nicolas s'en saisit et stupéfait la lut jusqu'au bout.
"De par le roi, était -il écrit, sa Majesté ayant résolu pour bonnes considérations de s'assurer de la personne du sieur Fouquet, surintendant de ses finances, a ordonné au sieur d'Artagnan, sous-lieutenant de la compagnie des mousquetaires à cheval d'arrêter ledit sieur Fouquet et de le conduire sous bonne et sûre garde au lieu porté par le mémoire que Sa Majesté a fait bailler pour lui servir d'instruction, observant en sa marche que le dit sieur Fouquet n'ait communication avec qui que ce soit de vive voix ni par écrit. » . 
Pauvre Fouquet, il n'en croyait pas ses yeux! et pourtant il lui fallait obéir :
- "Je ne m'attendais nullement à cela. Je croyais être dans l'esprit du roi mieux que personne dans ce royaume. Je suis à votre disposition, mais, je vous en prie, que cela ne fasse point d'éclat".

Le philosophe Voltaire qui avait toujours un bon mot à la bouche remarqua malicieusement "le 17 août, à 6 heures du soir, Fouquet était le roi de France ; à 2 heures du matin, il n'était plus rien".

Et c'est ainsi que Fouquet devint prisonnier de d'Artagnan. Le roi fit confisquer tous ses biens et donna des ordres pour que son ancien surintendant soit bien gardé. Il mourut bien des années plus tard toujours emprisonné. La légende s'empara de l'histoire et certaines personnes crurent que Fouquet était peut être l'homme qui se cachait derrière le Masque de Fer .

ColbertLouis XIV fit ensuite appel à Jean Baptiste Colbert pour remplacer l'orgueilleux surintendant. Ce dernier, fils de drapier, avait autrefois secondé Mazarin. Or, sentant sa mort approcher, le cardinal l'avait chaudement recommandé à Louis XIV; et en effet, Colbert servit avec fidélité et dévouement le roi et la France. Il s'appuya sur les intendants du royaume pour qu'ils imposent partout les décisions prises par le roi. Il encouragea l'industrie, soutint les colonies, créa des manufactures et imposa des taxes sévères aux produits qui venaient de l'étranger. 

Ces mesures portèrent bientôt leurs fruits, Louis XIV fut seul maître d'une France prospère et riche.

 

 

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