"Je
durerai un an... guère plus!" (Jeanne à Orléans)

Après sa victoire sur les Anglais
à Orléans, Jeanne retourne auprès de Charles VII
pour le supplier de se rendre au plus vite à Reims se faire sacrer.
Charles préfèrerait plutôt continuer la guerre contre
les Anglais et les chasser de Normandie, mais, faisant confiance à
Jeanne, il accepte de se mettre en route pour se faire sacrer à
Reims en plein pays ennemi. A leur grande surprise, les villes le long
de leur route se rallient à Charles VII et l'acclament longuement.
Le 17 juillet 1429, Charles VII est enfin sacré. Jeanne heureuse,
car sa mission est terminée se précipite à ses pieds
en pleurant :
- "Gentil roi, maintenant est exécuté le plaisir de
Dieu qui voulait que je lève le siège d'Orléans et
que je vous mène en cette cité de Reims recevoir votre saint
sacre en montrant que vous êtes le vrai roi et celui auquel le royaume
doit appartenir."
Pendant ce temps, les Anglais et les Bourguignons ne restent pas inactifs.
Appelés en renfort par le duc anglais Jean de Bedford qui
administre la France au nom du roi d'Angleterre, de nombreux soldats anglais
débarquent à Calais et se dirigent en renfort vers Paris.
Le duc nomme ensuite comme gouverneur de Paris le duc de Bourgogne Jean
le Bon. Unissant leurs forces, ils espèrent se débarrasser
définitivement du roi de France. Or, Charles VII n'est pas encore
prêt au combat, c'est donc Jeanne, à la tête de ses
hommes, qui va une fois de plus tenter de sauver la couronne de France.
Mais cette fois ci, la chance semble avoir tourné, le 23 mai 1430
Jeanne est faite prisonnière devant Compiègne par les Bourguignons.
Immédiatement mis au courant de cette capture inespérée,
les Anglais enchantés, veulent acheter Jeanne afin de la juger.
Les Bourguignons la leur livrent contre la très forte somme de
10 000 livres.
Son procès peut commencer.
Jeanne est menée à Rouen en pleine terre anglaise pour y
être jugée. Son procès dirigé par un Français
ami des Anglais, l'évêque de Beauvais Pierre Cauchon est
très long.
A Rouen, Jeanne est enfermée dans un cachot sombre et humide et,
de peur qu'elle ne s'échappe, enchaînée tous les soirs
à son lit. Chaque jour, elle est longuement questionnée
sur les voix qu'elle continue à entendre et sur les messagers de
Dieu qu'elle dit avoir vu... Ses juges essayent par tous les moyens de
la coincer, n'hésitant pas à lui poser des questions absurdes:
-"Saint Michel a t-il des cheveux? " lui demande-t-on un jour,
- Pourquoi les lui aurait-on coupés ?" répond-elle
sans se démonter.
-"Sainte Marguerite parle-t-elle la langue des Anglais?"
lui demande-t-on une autre fois,
- Comment parlerait-elle anglais puisqu'elle n'est pas du parti des Anglais
?" répond Jeanne amusée par la question.
La vivacité et l'intelligence de ses réponses surprennent
ses juges qui s'attendaient à trouver une petite paysanne intimidée
et apeurée.
Ils cherchent également à savoir si elle est une bonne chrétienne:
- "Savez vous si vous êtes en la grâce de Dieu?"
- "Si je n'y suis, Dieu m'y mette, et si j'y suis, Dieu m'y garde
! (...)" rétorque-t-elle stupéfiant par cette réponse
étonnante ceux qui l'interrogent.
Il leur faudra pourtant 5 mois de procès pour la condamner. Malgré
la grande habilité de ses juges pour essayer de la coincer dans
ses réponses, ils ne lui trouvent pas d'autre reproche que celui
d'avoir porté des habits d'homme. Ils finissent toutefois par la
déclarer hérétique (contre Dieu) et la condamnent
à être brûlée vivante sur la place centrale
de Rouen, la place du Vieux Marché.
Le 30 mai 1431, Jeanne âgée de dix neuf ans, est menée
au bûcher entourée par 800 soldats anglais qui craignent
que la foule en colère ne l'aident à s'enfuir...
Il
ne lui aura fallut qu'un an (mai 1429 - mai 1430) entre sa victoire à
Orléans et sa capture devant les murs de Compiègne pour
mettre en déroute l'armée anglaise et donner définitivement
courage au roi de France.
Cependant, voyant le royaume de France leur échapper, les Anglais
font sacrer à Notre Dame de Paris le fils d'Henri V le petit Henri
VI, âgé de 10 ans. Sacre sans lendemain, car devant l'armée
du roi de France et celle du duc de Bourgogne enfin réconciliés,
Henri VI s'enfuit, les Anglais quittent définitivement la France.