Les
guerres de religion
(1559-1598)
Depuis
quelques années, le Pape et ses évêques étaient
de plus en plus critiqués. On leur reprochait de préférer
les plaisirs et le goût du pouvoir à lenseignement
de la Foi.
Linvention de limprimerie permit de diffuser partout en Europe
ces critiques. Un moine allemand, appelé Martin
LUTHER finit par ne plus être d'accord du tout ni avec
le Pape ni avec les enseignements de l'Église. Il créa sa
propre religion : le Protestantisme.
Il pensait que les prêtres étaient inutiles et refusait lautorité
du Pape. Il était surtout choqué par le système des
Indulgences qui permettait aux croyants, en échange d'une forte
somme d'argent, de réduire le temps que passerait leur âme
au Purgatoire après la mort. Ces Indulgences étaient vendues
par l'Église.
La pensée de Luther se développa surtout dans le Nord et
dans l'Ouest de l'Europe.
A Genève, un homme appelé Jean
CALVIN était également en désaccord avec
la religion catholique. Et il compléta par ses réflexions
la religion de Martin Luther et lintroduisit en France sous le règne
de François Ier.
Il pensait que chacun était prédestiné depuis sa
naissance à aller au paradis ou en enfer. De nombreux Français
parmi les riches seigneurs abandonnèrent alors la religion catholique
pour se convertir à ces idées. On les appela les Protestants
ou les Huguenots.
La France fut bientôt partagée en deux camps : les Catholiques
d'un côté et les Protestants de l'autre. Ceux-ci devenaient
de plus en plus nombreux avec de puissants seigneurs à leur tête.
Les deux camps qui divisaient parfois des familles entières, se
détestaient et n'hésitaient pas à se massacrer.
Les Protestants étaient considérés comme des hérétiques
et à cause de cela les Catholiques les pourchassèrent. Ces
derniers voulaient empêcher les Protestants de célébrer
leur culte. Craignant également qu'ils répandent leurs idées,
les Catholiques firent en sorte qu'ils n'occupent pas certains emplois.
Pour se venger, les Huguenots n'hésitèrent pas à
massacrer des prêtres et à saccager des églises, gestes
qui ne furent pas laissés impunis par les Catholiques, qui à
leur tour tuèrent des Protestants.
Ces guerres de religion durèrent quarante ans et ne prirent fin
qu'à la signature de l'Édit de Nantes en 1598.
Les Rois de France face aux Huguenots
Le roi François Ier toléra cette nouvelle religion
mais son successeur Henri II prit des mesures très énergiques
contre les Protestants.
Après la mort du roi Henri II, (mort en recevant une lance
dans lil lors dun tournoi), son fils François
II monta sur le trône. Les trois fils d'Henri II (François,
Charles et Henri) allaient se succéder sur ce trône. François
II était très jeune (il avait alors 15 ans) lorsque son
père mourut et cest sa mère, la fameuse Catherine
de Médicis qui assura la Régence du Royaume. Elle était
catholique et détestait les Huguenots.
François II mourut au bout dun an de règne et cest
alors son frère Charles IX qui monta sur le trône.
Il était lui aussi très jeune puisquil navait
que 10 ans, et donc tout naturellement, Catherine de Médicis continua
à assurer la Régence. De plus, Charles était malade
de la tuberculose et navait plus toute sa tête. Les Protestants
étaient de plus en plus nombreux dans le royaume - près
d'une personne sur huit! à tel point que pour gouverner la France,
il fallut désormais compter avec eux. C'est ainsi que Charles prit
auprès de lui pour le conseiller le chef des Protestants: l'amiral
de Coligny. Catherine était tour à tour tolérante
et très intransigeante envers les Protestants. Elle
maria
sa fille Margot à un Protestant, mais le lendemain des noces elle
poussa son fils Charles IX à ordonner les massacres de la Saint
Barthélémy. Son fils lui donna son accord pour tous les
tuer "tuez les, mais tuez les tous pour quil nen reste
pas un pour me le reprocher."
Et c'est ainsi que lors des fêtes célébrant le mariage
de Margot et dHenri, Catherine fit assassiner le chef des protestants
lamiral de Coligny. Son assassinat provoqua immédiatement
un grand massacre des Protestants dans tout le royaume. Cette affreuse
nuit là, le 24 août 1572, est restée dans toutes les
mémoires sous le nom du Massacre de la Saint Barthélemy.
Deux ans plus tard, Charles IX mourut à son tour.
Son frère Henri III prit alors le pouvoir mais ne parvint
pas à ramener la paix dans son royaume. Il était jaloux
du succès de son cousin Henri le duc de Guise qui était
le chef du parti des Catholiques ; on appelait son parti la LIGUE.
Henri III le fit bientôt assassiner dans son château de Blois.
Les Catholiques du royaume se soulevèrent alors et chassèrent
Henri III de Paris. S'étant fait détester par les catholiques,
il finit par se faire assassiner en 1589 par un moine catholique Jacques
Clément.
Après la mort dHenri III, la couronne passa à son
cousin et beau-frère Henri IV qui était son parent
le plus proche.
Or celui-ci était Protestant et il était hors de question,
(depuis le sacre et le baptême de Clovis,)
pour les Français d'avoir un roi non catholique. Pour accéder
au trône, Henri dut conquérir son royaume. Bien conseillé
par son ami Sully, il finit par se convertir quatre ans plus tard au catholicisme.
Henri IV put enfin entrer dans sa capitale.
Mais les guerres de religion ne prirent véritablement fin que lorsque
Henri fit promulguer lÉdit de Nantes permettant à
chacun de pratiquer sa religion comme il lentendait. La religion
officielle de la France restait le Catholicisme mais grâce à
cet Édit, les Protestants étaient enfin libres de pratiquer
leur religion comme ils l'entendaient en toute sécurité.
L'Édit de Nantes fut supprimé presque 100 ans plus tard
par Louis XIV, le petit-fils de Henri IV.
De nombreux Protestants furent alors contraints de fuir la France ou de
se convertir pour échapper aux violences des terribles Dragons
du roi.