HENRI IV, roi de France

Henri IV et Ravaillac

 

 
Ayant enfin conquis son royaume, Henri IV s’installe comme ses prédécesseurs dans le château du Louvre où il passe le plus clair de son temps à s’occuper de la France et du bien être des Français. La tâche est très lourde car le pays se relève péniblement de 40 ans de guerres civiles. Le roi s’entoure de gens intelligents et dévoués. Les Protestants et les Catholiques vont désormais vivre en paix les uns avec les autres.
Henri IV Son ministre Sully va prendre des mesures qui enrichiront le pays dévasté par tant d’années de guerres. Il favorise le commerce et en particulier l’agriculture qui est alors une des richesses de la France. Sully dit en effet souvent "labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France".
 Henri IV est un roi débonnaire qui adore parler avec ses sujets qui peuvent l’aborder librement. Il se préoccupe en particulier des pauvres du royaume et souhaite que les paysans puissent manger une poule au pot tous les dimanches - il ne faut pas oublier qu’en se temps là la viande était un véritable met de luxe - les paysans mangeaient surtout des châtaignes ramassées dans les bois et les forêts.
Sans enfant de Margot et ne s'entendant plus du tout avec elle, Henri fait annuler le mariage et se remarie avec Marie de Médicis qui ne tarde pas à lui donner un fils… le futur Louis XIII. La nouvelle dynastie des Bourbon est assurée.
Pourtant Henri IV ne parvient pas à se faire aimer de son peuple qui continue à se méfier de lui. Les Catholiques du royaume doutent de la sincérité de sa conversion et craignent pour leur religion. Quant aux Protestants, ils sont persuadés qu’Henri les a trahis en se convertissant. Henri est au courant de ces tensions et de ces reproches et craint pour sa vie. Cette pensée le rend souvent sombre et inquiet ; n'a-t-on pas essayé d'attenter à sa vie par 10 fois? L'avenir le préoccupe surtout lorsqu'il regarde son petit garçon Louis à peine âgé de 9 ans. Que lui arrivera-t-il si Henri vient à disparaître avant sa majorité? Quel sera l'avenir de la royauté en France? Sa femme Marie n'a pas encore été couronnée car la cérémonie a toujours été remise à plus tard. Ainsi, en cas de drame, Marie ne pourrait pas être Régente du royaume comme l'a été naguère Catherine de Médicis. Henri décide alors de faire couronner sa femme au plus vite. Si quelque chose doit lui arriver pense-t-il, Marie pourra alors assurer la Régence jusqu'à la majorité de Louis.

La date du couronnement de la Reine est fixée le 13 mai 1610 à Saint Denis. Pendant la cérémonie, Henri a brusquement pris son fils Louis dans ses bras et l'a élevé au-dessus de la foule en disant d'une voix forte :"Messieurs, voici votre roi !". Ce geste étrange et inhabituel a surpris les gens. Henri craint-il quelque chose que les autres ignorent?
Cette nuit là, la reine Marie dort fort mal. Elle rêve que son mari se fait poignarder dans le dos de deux coups de couteau et se réveille paniquée.

Le lendemain matin, ce 14 mai, le roi s'habille comme à l'ordinaire, se promène tranquillement dans les jardins des Tuileries et écoute la messe comme chaque matin. Puis il se rend pour le dîner chez la reine qui lui raconte en sanglotant son horrible cauchemar de la nuit. Henri hausse les épaules en souriant doucement, faut-il accorder de l'importance aux rêves des femmes? Pourtant il est plus impressionné qu'il n'y paraît.
Après le dîner, il veut se rendre à l'Arsenal auprès de son ministre Sully pour travailler. Marie le supplie en vain de ne pas y aller. Henri hésite un moment, est sur le point de céder... mais se reprend brusquement "Ce que j'ai à dire à Monsieur de Sully est urgent et important, cela ne peut attendre".

Son carrosse l'attend en bas du château. Il y monte avec sept gentilshommes chargés de l'accompagner. Le roi s'installe au fond du carrosse sur la gauche. Les autres se tassent comme ils le peuvent et le carrosse s'ébranle lourdement. A un croisement de route, le cocher se tourne vers le roi et lui demande quel chemin il préfère prendre pour se rendre à l'Arsenal. Henri veut prendre par le chemin de la Ferronnerie. 
Or, à l'entrée de la rue, deux charrettes stationnées encombrent la voie; le cocher est obligé de Assassinat d'Henri IVralentir puis de s'arrêter. C'est alors qu'un individu tapi contre le mur d'une maison et que personne n'a encore remarqué, bondit brusquement sur la voiture et se jette sur le roi qu'il frappe à plusieurs reprises avant de prendre la fuite. Le geste est si rapide que personne n'a eu le temps de comprendre ce qui s'est passé. 
- "Qu'est-ce?" demande l'un des gentilshommes surpris. 
- "Ce n'est rien" murmure le roi avant de s'effondrer. 
A la vue du sang qui jaillit de la poitrine du roi, un des valets hurle terrifié:
-"On a assassiné le roi !!!"
C'est l'affolement général ! tant bien que mal on parvient à faire faire demi tour au lourd carrosse qui s'élance à bride abattue vers le Louvre. Mais hélas, pendant le trajet, Henri IV succombe.

La nouvelle se répand avec stupéfaction et horreur dans tout le royaume : on assassiné le roi! comment un tel geste est-il possible? comment a-t-on osé lever la main sur un personnage aussi sacré?
Des générations plus tard, on se souvient encore de l'étonnement, de l'horreur et de l'indignation que chacun a ressentie à l'annonce de cette nouvelle si soudaine et si incroyable... 
Henri devient après sa mort le roi préféré des Français.
Quant à l'assassin du roi appelé Jean-François Ravaillac il est bientôt attrapé. Jugé, il est déclaré coupable et condamné à mort avec les pires supplices avant d'être finalement écartelé par quatre chevaux qu'on a attachés à ses bras et à ses jambes...

Le fils d'Henri, le petit Louis âgé de 9 ans est trop jeune pour régner. Sa mère Marie de Médicis (grâce à la prévoyance d'Henri qui l'avait faite couronner), est proclamée Régente du royaume jusqu'à la majorité de son fils. 
Le petit Louis règnera plus tard sous le nom de Louis XIII le Juste

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