Christophe Colomb

"J'ai découvert le Nouveau Monde..."

 

L'époque de Christophe Colomb était une époque riche en Grandes Découvertes géographiques.

Lorsque Christophe était enfant, les explorations concernaient en particulier le continent africain et le continent asiatique.

Marco Polo, qui avait vécu quelques années en Chine au XIII ème siècle avait écrit ses Mémoires qui avaient alors un grand succès. Son livre faisait partie de la bibliothèque de Christophe Colomb et l'avait grandement influencé. Jusqu'à la fin de sa vie Christophe Colomb pensait être sur les traces de Marco Polo, cherchant dans ses relevés géographiques du Nouveau Monde des similitudes avec les cartes de la Chine dessinées par ce dernier. Il ne se douta jamais qu'il avait découvert un nouveau continent.

En ce temps là, les connaissances en géographie étaient assez limitées et on pensait que l'océan Atlantique séparait le continent européen du contient asiatique. On n'avait alors aucune idée ni de l'existence du vaste continent américain, ni encore moins de l'existence de l'Océan Pacifique (que Colomb abordant les côtes de Panama frôla presque en 1503 lors de son dernier voyage au Nouveau Monde). Christophe Colomb pensait comme ses contemporains que "la fin des terres habitables vers l'Orient et la fin des terres vers l'Occident sont assez proches, et au milieu il y a une petite mer".
Il partit donc du principe qu'en se dirigeant vers l'ouest, au delà des Açores, on devait nécessairement arriver en Chine. Ce pays présentait alors un grand attrait commercial, et depuis fort longtemps déjà les marchands génois faisaient du commerce avec la Chine. Quelques personnes s'appuyant sur d'anciens écrits de voyageurs inconnus, affirmaient qu'il existait des terres mystérieuses à l'ouest des Açores; elles étaient peut être même habitées! Ces témoignages furent confirmés un jour par la découverte de plantes inconnues et de deux corps d'homme de race inconnue rejetées sur les côtes espagnoles... mais aucun marin ne voulait se risquer dans l'aventure par peur de l'inconnu et de quantité de légendes terrifiantes. 

Le projet de Christophe Colomb de rejoindre la Chine par l'ouest parut être de la folie au roi du Portugal Jean II à qui il exposa tout d'abord son plan. Christophe décida alors de présenter son projet aux souverains espagnols. Ces derniers ne furent pas plus séduits d'autant plus qu'ils étaient alors occupés par la guerre contre les Maures. Les finances du trésor étaient à sec et il était hors de question de financer une telle expédition.
Mais Colomb trouva appui auprès de l'Église, séduite à la pensée que des terres habitées pouvaient être découvertes et leurs habitants évangélisés. Son ami, le confesseur de la reine Isabelle de Castille lui conseilla d'attendre la fin de la guerre et de représenter son projet en faisant miroiter aux souverains la possibilité de trouver dans ces terres inconnues de l'or capable de renflouer les caisses de l'Etat mises à sec par la guerre.
Enfin, après 6 ans d'attente, la guerre prit fin le 17 avril 1492. Le 9 septembre de la même année, Christophe Colomb âgé de 40 ans, levait l'ancre vers ce qu'il pensait être une nouvelle route vers la Chine. Les derniers mois avant son départ avaient été éprouvants. Il était parvenu à ce que les Rois équipent 3 caravelles la Pinta, la Santa Maria et la Nina, lui donnent 150 hommes, et lui promettent en cas de réussite, le titre d'Amiral de la mer Océane, la vice royauté et le gouvernement de toutes "les îles et terres fermes qu'il découvrirait pour lui et ses descendants" et un dixième de toutes les richesses qui pouvaient être trouvées. Ses exigences parurent exorbitantes aux souverains mais la perspective de découvrir tant de richesses fit qu'ils finirent par accepter. 
Colomb pût enfin partir pour réaliser le rêve de sa vie. 

le voyage
Dès le départ, les vents se montrèrent contraires; ses marins eurent très peur lorsqu'ils s'avancèrent dans la légendaire mer des Sargasses, toute couverte d'algues comme une immense prairie, de ne jamais pouvoir revenir en arrière.. Puis le vent tomba et les hommes mécontents et craintifs se mirent à chuchoter : "personne n'est jamais parvenu si loin à l'ouest, cet homme est fou! il va tous nous mener à notre perte!."
Conscient du mécontentement croissant de son équipage, et voulant continuer son voyage coûte que coûte, Colomb truqua les distances annonçant à ses hommes qu'ils avaient parcouru la moitié de ce qu'ils avaient parcouru en réalité. Ses marins se laissèrent convaincre mais exigèrent tout de même faire demi tour si une terre n'était pas en vue le surlendemain. Le voyage avançait très lentement, le vent étant tombé. Les marins furent bientôt au bord de la mutinerie; mais alors qu'ils allaient forcer Christophe Colomb à faire demi tour, les vents forcirent brusquement, emmenant toute la flotte loin vers l'ouest. 
Le 11 octobre, après plus d'un mois de navigation, les hommes virent un vol d'oiseau et une branche d'arbre flotter à l'horizon, signe que la terre ferme n'était plus très loin. Enfin, le 12 octobre, à 2 heures du matin, un matelot monté au château de proue sur la Pinta écarquillant les yeux, vit une bande blanche de sable et cria "Terre, Terre!!"

Les Bahamas
Le 12 octobre 1492, Christophe Colomb mit le pied en Amérique aux îles Bahamas : "sautant à terre, il s'agenouilla, la baisa avec des larmes d'action de grâce, remerciant Dieu qui le récompensait après un si long et un si étrange voyage". 
Solennellement, Colomb prit possession de la terre au nom du roi et de la reine de Castille, baptisa l'île San Salvador et reçut le serment d'obéissance de ses hommes en tant que Vice Roi et Amiral.
Un moment plus tard, les Espagnols furent encerclés par une tribu d'indigènes accourue sur la plage. Après un moment de stupéfaction mutuelle, où chacun se dévisagea, les indigènes se montrèrent très amicaux . Christophe fit une description des ces premiers américains :"ils sont de moyenne stature, fort bien proportionnés. Leurs chairs sont d'une couleur qui penche vers le rouge comme la peau du lion, et je crois que s'ils allaient vêtus, ils seraient blancs comme nous. Ils n'ont pas de poils sur le corps, sauf qu'ils ont des cheveux longs et noirs, surtout les femmes, ce qui les rend jolies..." 
Colomb devina tout de suite qu'il ne se trouvait pas en Chine (ses relevés géographiques ne coïncidaient pas avec les cartes de Marco Polo) mais il pensa qu'il était quelque part aux Indes. Il appela donc les indigènes les Indiens et ce pays les Indes occidentales.

L'île de Cuba
Après avoir pendant quelques jours sillonné les îles environnantes, les Espagnols arrivèrent à l'île de Cuba. Colomb espérait enfin être arrivé en Chine et envoya deux de ses marins rencontrer le Grand Khan. Mais au bout de quelques jours, ceux-ci rentrèrent bredouilles; ils n'avaient trouvé nulle part le roi de Chine, ni même trace de civilisation... 

 

L'île de Saint Domingue/Hispaniola
Colomb repartit et arriva quelque temps plus tard sur l'île de Saint Domingue. Cette île ressemblait tellement à l'Espagne, qu'il la baptisa Hispaniola. Les indigènes qu'il rencontra continuèrent à leur faire un excellent accueil, lui offrant ce qu'ils possédaient y compris leurs riches bijoux en or. Christophe quant à lui "s'efforçait de gagner leur amitié (...) donnant des bonnets rouges et quelques colliers de verre qu'ils mettaient à leur cou, ainsi que de la pacotille ce qui leur fit grand plaisir" . Hispaniola était pour les Espagnols un véritable paradis et ils espéraient beaucoup y trouver de merveilleuses mines d'or. 
Enfin à la mi-janvier 1493 Colomb décida de rentrer en Espagne non sans avoir laissé une petite troupe d'hommes sur place, charge à eux de commencer à créer un petit fortin (1 an plus tard, on ne retrouvera tristement aucun survivant). Un de ses bateaux ayant fait naufrage, il rentra avec ceux qui le désiraient sur les deux autres caravelles.

 

Le retour
Pendant ce temps là, en Espagne, les gens pensaient que Christophe et son équipage partis depuis plus de 4 mois avaient péri en mer. Les familles des marins étaient en deuil et maudissaient le nom de Colomb et sa folie. Il n'y avait bien sûr pas de terre plus à l'ouest ! chacun le savait depuis des siècles! ces valeureux marins étaient tous morts par la faute de ce maudit Génois !
Et puis soudain, le 15 mars 1493, on vit apparaître au loin, la voile de la Nina, bientôt suivie de l'autre caravelle ! Sur le port ce fut le délire! tous se précipitèrent vers ces héros qui avaient bravé la mer et en étaient revenus victorieux!
A peine arrivé sur le sol espagnol, Christophe se mit en route vers Barcelone où se trouvaient les souverains. "Le cortège qui traversa l'Espagne, raconte un témoin, s'ouvrait par des marins de la Nina sous les armes, escortant l'étendard royal de l'expédition que portait un pilote. Puis venaient des matelots chargés, ceux-ci de rames et d'arbres inconnus, d'énormes calebasses, de roseaux gigantesques, de fougères arborescentes; ceux-là de coton brut, de piment, de cacao, de gingembre; d'autres de couronnes d'or, de bracelets, de ceintures, de masques d'or, de couronnes de plumes, de conques superbes, de lances, d'épées en bois de fer, d'arcs et de flèches sans acier. On portait des végétaux et des animaux ignorés, quelques uns vivants, la plupart empaillés: des agoutis, des coris, des guascos, de grands lézards, des serpents à brillantes écailles, des carets, des alligators, des flamants roses. L'aspect horrible de deux monstres attachés à des pieux, mélangeaient d'effroi la curiosité : c'était des iguanes. On les étalaient au milieu des cris et des mouvements de quarante sortes de perroquets qui s'agitaient sur leurs perchoirs et jasaient en langue barbare. Venaient ensuite sept indiens parés de leurs ornements nationaux, et soigneusement peints en blanc et en rouge. Ils précédaient le petit état major de l'expédition. Enfin arrivait l'Amiral dans le costume de ses dignités, montant un cheval qu'il maniait avec aisance. Derrière lui, ses trois écuyers s'efforçaient de contenir la foule ardente à se précipiter sur ses pas "... 

 

Enfin, au mois d'avril Christophe Colomb fut introduit auprès de leurs majestés. Il reçu, on peut l'imaginer un accueil royal et triomphal ! Les souverains étaient émerveillés par tant de richesses, qui dépassaient tout ce qu'ils avaient pu imaginer. Christophe fut confirmé dans tous ses titres et ses droits, et autorisé à repartir pour un deuxième voyage. 

Au mois de septembre, une nouvelle expédition de 17 caravelles très équipées, sous les ordres de l'Amiral des Océans, Vice Roi du Nouveau Monde mit voile vers ce que les Espagnols pensaient être les Indes occidentales.

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