Charlemagne
La Bataille de Roncevaux

 

Nous sommes en l'an de grâce 778...

Charlemagne revient d'Espagne où il a été combattre les Sarrasins autrefois refoulés par son grand père Charles Martel.

L’émir de Saragosse le roi Marsile s’est enfin soumis. Ganelon, un des officiers de Charlemagne, a négocié cette soumission mais comme il est jaloux de la gloire de Roland le neveu de Charlemagne, il a en même temps médité sa perte.

Rentrant en France, Charlemagne traverse les Pyrénées suivi par toute son armée. Mais l'armée avance lentement et Charlemagne est pressé de rentrer. Obéissant à la proposition de Ganelon en qui il a toute confiance, il confie l’arrière garde à son neveu Roland ce qui devrait permettre au reste de l'armée d'avancer plus vite. Puis, rassuré de savoir son arrière garde en de bonnes mains, Charlemagne se hâte vers la France.

Hélas ! Ganelon est un traître ! Sitôt Charlemagne s'est-il éloigné avec le gros de l'armée, qu'il amène les Sarrasins et leurs alliés les terribles Basques, sur les traces de l’armée de Charlemagne en attaquant l’arrière garde.  Alors qu'au milieu des Pyrénées la petite armée suit un étroit défilé près de Roncevaux, des messagers viennent avertir Roland qu’il est trahi et que les Basques et les Sarrasins du roi Marsile, montés sur les hauteurs que commande le défilé, les cernent de toute part. « eh bien mes amis déclare Roland aux preux chevaliers qui marchent à ses coté, recommandons notre âme à Dieu et combattons jusqu’au dernier. "

L’ennemi est des plus nombreux, mais la bravoure des compagnons d’armes du neveu de Charlemagne est indicible. Juchés en haut de la montagne les ennemis font tomber sur l’armée de lourds rochers. C'est une hécatombe.Voyant la partie si mal engagée, Olivier le fidèle bras droit de Roland, lui conseille d’alerter au plus vite Charlemagne afin qu'il envoie des renforts; celui ci est déjà loin dans les montagnes ... mais en sonnant de l’olifant il serait encore possible qu'il arrive à temps pour les sauver.
Farouchement Roland refuse, il veut combattre seul les Sarrasins. "Mieux vaut mourir que de tomber dans la honte! " crie-t-il en brandissant sa fameuse épée Durandal et en fendant d’un seul coup de haut en bas un cavalier ennemi et son cheval.
"Folie n'est pas courage ! " lui répond sagement Olivier en transperçant à son tour un païen de son épée. 
La bataille est violente. Les ennemis font des ravages dans la troupe. Une seconde fois, Olivier supplie Roland d'alerter Charlemagne mais une seconde fois Roland refuse. 

Bientôt, Roland est seul face aux ennemis. Olivier et tous les autres soldats sont morts. Alors, comprenant son erreur, Roland approche des lèvres son olifant et fait ce qu’il a hésité à faire jusque là ; il sonne de toutes ses forces. Des accents prodigieux sortent du cor qui éveillent à des lieux les échos des montagnes et parviennent jusqu’au gros de l’armée où chevauche Charlemagne.
"Ce cor a longue haleine, Roland est en péril!" s'écrie Charlemagne en faisant faire prestement demi tour à son armée. Elle s'élance au grand galop pour venir au secours de l'arrière garde. Roland sonne toujours, il sonne si fort que les veines de son cou se rompent et que le sang jaillit de sa bouche. Ses ennemis se sont un moment écartés effrayés par les appels de l’olifant. Remontés en haut des montagnes ils lui envoient un énorme rocher espérant l’écraser sous le poids mais d’un coup d’épée Roland parvient à briser le rocher comme si c’était un vulgaire caillou. Les assaillants s'approchent alors pour en finir avec lui. Le preux chevalier sait que c'est la fin; il n'a pas peur de mourir mais il craint pour son épée Durandal car il ne veut en aucun cas la leur abandonner. Sans hésiter mais la mort dans l'âme, il décide de la briser afin qu’elle ne tombe pas entre les mains des Sarrasins musulmans.
Cette épée de légende est non seulement une arme redoutable mais aussi un joyau sacré dont la garde contient des reliques de saints rapportés de Rome. Il ne faut pas qu’elle soit profanée par des païens. Rassemblant ses forces pour la briser, Roland en frappe un gros coup sur la roche. Le rocher gigantesque se fend en deux mais l’épée demeure ferme et solide. D’après la légende, ce rocher brisé dont la fente s’est agrandie avec le temps porte encore aujourd’hui le nom de brèche de Roland. Si vous allez vous promener dans les Pyrénées vous l'apercevrez certainement à l’horizon.

Lorsque Charlemagne arrive enfin dans le ravin de Roncevaux il est trop tard; son armée est décimée et Roland est mort... 

Quant à Durandal, la légende raconte encore que Roland ne réussissant à la briser, il pria l'archange Saint Michel de l'aider à la soustraire aux infidèles. Roland la lança de toute ses forces vers la vallée et celle ci traversant les airs sur des kilomètres, vint se planter dans le rocher du sanctuaire de Rocamadour. Elle y est encore vieille et rouillée fichée au dessus de la porte de la chapelle Notre Dame.

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