
Qui
étaient les Huns?
Un
officier romain du nom d'Ammien Marcellin, contemporain d'Attila, a
laissé une description épouvantable de ce peuple tant
redouté:
"...
Les Huns dépassent en férocité et en barbarie tout
ce qu'on peut imaginer de barbare et de sauvage.
Ils incisent profondément avec des lames de fer, les joues des
nouveaux-nés, afin que, à la puberté, les poils
de leur barbe naissante soient étouffés sous les cicatrices
et ne puissent plus pousser. Ils ont le corps large et trapu, la nuque
épaisse, et ils sont si laids et si monstrueux qu'on pourrait
les prendre pour des bêtes à deux pattes.
D'ailleurs ce sont des êtres qui, sous une forme humaine vivent
comme des animaux. Ils ne connaissent pour leurs aliments ni les assaisonnements
ni le feu: ils se nourrissent des racines de plantes sauvages et de
viande crue qu'ils ont amollie entre leurs cuisses et le dos de leurs
chevaux.
Jamais ils ne manient la charrue pour labourer un champ; ils ne s'abritent
dans aucune maison ou cabane car ils ne sentent pas en sécurité
sous un toit.
Toujours
errant par les montagnes et les forêts, ils sont rompus dès
leur enfance à tous les maux, au froid, à la faim et à
la soif. Leurs troupeaux les suivent dans leurs migrations, tirant des
lourds chariots où vivent les femmes et les enfants.
Leurs vêtements consistent en une tunique de lin et une casaque
de peaux de rats sauvages cousues ensemble; ils n'en changent jamais
et la gardent sur eux jusqu'à ce qu'elle tombe d'elle même
morceau par morceau. Ils couvent leurs têtes d'un bonnet rond,
rejeté en arrière et protègent leurs jambes velues
en enroulant des peaux de bouc autour; leurs chaussures ne comportent
pas de lacets et les gênent à ce point qu'ils ne peuvent
marcher et qu'ils ne peuvent combattre à pied, alors ils sont
comme cloués sur leurs petits chevaux, laids mais infatigables
et rapides. C'est à cheval qu'ils passent leur vie de jour comme
de nuit, tantôt à califourchon tantôt assis de coté
à la manière des femmes : ils tiennent des assemblées,
achètent et vendent, boivent et mangent en restant constamment
sur leurs chevaux, ils y dorment même, inclinés sur le
cou de leurs montures.
Dans
les batailles, ils se précipitent sans ordre et sans plan et
se ruent sur l'ennemi en poussant des clameurs sauvages. Rencontrent-ils
quelques résistance, ils se dispersent, mais pour revenir avec
la même rapidité, enfonçant et renversant tout ce
qu'ils rencontrent. Rien n'égale l'adresse avec laquelle ils
tirent, à des distances prodigieuses, leurs flèches munies
à leur extrémité d'os pointus, aussi durs et meurtriers
que des pointes de fer. Ils combattent de près avec une épée,
qu'ils tiennent d'une main et un filet qu'ils ont dans l'autre et qu'ils
lancent sur l'ennemi tandis qu'il est occupé à parer leurs
coups.
Ils
sont inconstants, sans foi ni loi, sans cesse en mouvement.
Demandez à ces hommes d'où ils viennent, où ils
vont, où ils sont nés : ils l'ignorent. Quant à
la religion ils n'en ont point... "