ATTILA, le fléau de Dieu

savoir encore plus

Attila et Aetius

 

Attila connaissait bien les Romains car il avait dans sa jeunesse passé plusieurs années en Italie à Ravenne.
Son père, le terrible Mundzuc avait beaucoup guerroyé contre les Romains. Ces guerres incessantes avaient trouvé un terme grâce à la signature d'un traité de paix entre les deux peuplades. Pour renforcer ce traité, la tradition diplomatique romaine voulait qu'on échange entre deux peuples des jeunes gens de haute naissance. Il avait été décidé que Aetius, jeune noble romain, irait passer quelques années en tant qu'"otage " chez les Huns.
Aetius avait 15 ans lorsqu'il arriva dans la capitale hunnique. Il se lia d'amitié avec Attila et les deux jeunes garçons passèrent beaucoup de temps ensemble à chasser et à discuter. Aetius apprit à tirer des flèches et à monter les fougueux petits chevaux mongols. Plus tard, après le retour d'Aetius parmi les siens, Attila fut envoyé à la cour impériale de Ravenne. Il fut traité en ami, envoyé à l'école où on lui inculqua les rudiments de la civilisation romaine. C'était un garçon intelligent qui apprit beaucoup en observant le mode de vie des Latins.
Après quatre ans, Attila fut rappelé en Pannonie pour se marier.

Attila et Aetius, si liés dans leur jeunesse, allaient par la force du destin se livrer une guerre sans merci…

Les années passèrent… Attila devint roi et Aetius devint un grand général remportant de nombreuses victoires.
Lorsqu'en 451 les Huns envahirent la Gaule, l'empereur Valentinien chargea Aetius de stopper Attila par tous les moyens.
C'est ainsi qu'Aetius rendit visite au roi des Wisigoths car il lui fallait des renforts pour venir à bout des 500 000 terribles guerriers d'Attila. Après bien des négociations le roi Théodoric accepta d'aider les Romains. Il fallait faire vite, Attila était déjà à Orléans et il fallait coûte que coûte l'empêcher de traverser la Loire car alors la Gaule du sud lui serait entièrement ouverte.
Le 23 juin 451 Aetius et les Wisigoths infligèrent devant Orléans sa première défaite à Attila. Le roi des Huns, cherchant à mettre ses troupes à l'abri car elles étaient prises au piège dans la ville, donna l'ordre de repli. Tant bien que mal les Huns se réfugièrent dans leur camp. Mais, la nuit venant, les Huns levèrent soudainement et silencieusement le siège, pour reprendre la route par laquelle ils étaient venus. Le lendemain matin la plaine devant Orléans était vide. La première surprise passée, Aetius ordonna de pourchasser Attila. Les Romains retrouvèrent l'armée des Huns en Champagne non loin de Troyes. La bataille sanglante qu'ils livrèrent resta dans les mémoires sous le nom de " bataille des Champs Catalauniques ".
La première bataille, terriblement meurtrière, eut lieu en pleine nuit. Au petit matin on dénombra plus de 90 000 morts ! C'est alors que l'on emmena à Attila un curieux prisonnier capturé dans la forêt. C'était un vieil ermite qui disait avoir une prophétie concernant le roi des Huns. Questionné vivement par Attila, il déclara : "tu es le fouet de Dieu, mais Dieu brise quand Il le désire les instruments de sa vengeance… Demain tu seras vaincu". Cette prophétie impressionna beaucoup les Huns mais Attila éclata de rire et balaya le vieillard d'un revers de la main " Vieux fou ! Rentre donc chez toi… ". Or Attila était en réalité plus troublé qu'il ne le laissait paraître…

La bataille décisive s'engagea un après-midi du mois de juillet 451. "C'est alors, écrit un témoin, que le grand combat d'Attila commença, atroce, multiple, monstrueux et acharné". La bataille cessa la nuit venue et on eut à déplorer plus de 300 000 morts. Le roi Théodoric perdit également la vie. Les Wisigoths, fous de douleur, demandèrent à Aetius de cesser le combat et de leur permettre de rentrer chez eux pour enterrer dignement leur roi. Aetius accepta et c'est ainsi qu'il perdit une grande partie de son armée.
Quant à Attila, il pleurait la mort de plus d'un tiers de son armée et, se remémorant la prophétie du vieil ermite, il se demandait ce que l'avenir lui réservait. Il ignorait la défection des Wisigoths, et, après avoir mûrement réfléchi, il pensa qu'il était plus sage de se replier en Pannonie. Il ne devait plus jamais revenir en Gaule.
Vainqueur des terribles Huns, Aetius le suivit de loin.

 

Home / Contact / Qui Sommes-Nous ? / Sélection de livres / Références / Liens / Formulaire d’abonnement