
Qui
était donc Raspoutine ?
Raspoutine...
qui était donc ce personnage malfaisant en partie à l'origine
de la chute de la monarchie en Russie?
Grigori Raspoutine était un paysan sibérien consacré
à Dieu. Il était ce qu'on appelle en russe un "staretz".
Mais
c'était surtout un homme mauvais et vicieux... Ecoutons plutôt
la description qu'en font ceux qui l'ont rencontré: "C'était
un homme de haute stature, cheveux bruns, longs et mal peignés,
barbe noire et drue, front haut, nez large et saillant. Toute l'impression
de sa figure se concentre dans les yeux, des yeux bleus de lin, d'un
éclat, d'une profondeur, d'une attirance étrange",
- "Cette rencontre... me laissa une impression de malaise indéfinissable...
j'avais l'impression de me trouver en présence d'un être
malfaisant et troublant"
En
bref, c'était un homme épouvantable, qui produisait une
forte impression sur les gens qu'il croisait à cause de son regard
très bleu, perçant et hypnotisant.
Or, Raspoutine avait un don, c'était le don de la guérison;
c'est à dire qu'il pouvait guérir certaines maladies en
imposant les mains au dessus du malade. C'est ce don de guérison
qui l'introduisit chez le tsar de Russie.
En
effet, le fils du tsar était gravement malade. Le petit Alexis
était hémophile c'est à dire que lorsqu'il se blessait
son sang ne se coagulait pas, ce qui signifie qu'il pouvait se vider
entièrement de tout son sang. C'était une maladie très
grave et très douloureuse qui préoccupait beaucoup ses
parents car ils se demandaient si leur fils pourrait régner avec
une telle maladie.
Raspoutine se fit un jour introduire auprès de la Tsarine la
mère d'Alexis, le petit Alexis était en pleine crise.
L'homme s'approcha de l'enfant, lui imposa les mains et toute douleur
cessa instantanément. Devant un tel prodige, alors que les meilleurs
médecins de la cour étaient incapables d'en faire autant,
la tsarine subjuguée, décida de garder auprès d'elle
un tel homme qui avait réussi à soigner son enfant.
Cependant,
Raspoutine était connu par la police pour son inconduite notoire.
La police et les ministres étaient très inquiets de voir
qu'un tel homme puisse avoir la confiance du Tsar. Plusieurs fois ils
mirent en garde le Tsar, mais celui-ci était malheureusement
aveuglé: il ne voyait que le soulagement que Raspoutine apportait
à Alexis et non tout le mal qu'il faisait autour de lui :
- "C'est un Saint homme " disait-il "Il
s'agit là d'une affaire de famille qui ne regarde que nous".
Très vite, Raspoutine prit beaucoup de place dans la vie des
souverains. On le recevait en cachette par la petite porte afin que
nul ne sache qu'il était venu. L'état d'Alexis, s'améliorait
depuis que le staretz s'occupait de lui.
Mais autour du Tsar, les gens étaient de plus en plus mécontents
d'autant que Raspoutine profitait de la confiance du Tsar pour faire
renvoyer les ministres qu'il n'aimait pas et placer ses amis à
lui. Nicolas II se laissait faire et obéissait.
Or, cette période en Russie était trouble, les gens trouvaient
que l'Empire russe était mal gouverné et que le gouvernement
n'écoutait pas leurs doléances. On pensait que les mauvais
conseils de Raspoutine y étaient pour beaucoup. La Révolution
grondait... et Nicolas II ne semblait pas se rendre compte de la gravité
de la situation.
C'est
alors que quelques aristocrates décidèrent de se débarrasser
définitivement de Raspoutine. Ils l'attirèrent chez l'un
d'entre eux, le prince Youssoupoff afin de l'empoisonner. Raspoutine,
ne se doutant de rien, mangea les petits gâteaux empoisonnés,
mais curieusement rien ne se produisit, l'homme ne sembla pas dérangé
par le poison. Surpris par un tel prodige, les conjurés lui tirèrent
dessus avec un pistolet mais Raspoutine échappa aux balles. C'est
alors que, pour en finir, ils l'attrapèrent, et le jetèrent
dans les eaux glacées de la Neva.
Enfin
Raspoutine était mort; Youssoupoff et ses amis pensèrent
avoir sauvé la Russie; le gouvernement même, était
soulagé... mais c'était malheureusement trop tard, la
Russie allait sombrer dans le chaos.
Raspoutine n'avait-il pas autrefois prédit
- "Quand je serai mort, la Russie tombera entre les griffes
du diable".